Laisser ses bagages derrière soi : le rôle d’identité dans Le Voyageur sans bagages

Dans Le voyageur sans bagages, Jean Anouilh explore l’identité à travers l’histoire du Gaston, un soldat traumatisé qui a perdu ses mémoires à cause de la guerre. En laissant les bagages du passé derrière lui, il met en lumière que l’identité n’est jamais totalement fixée. Anouilh utilise le passé du Gaston effacé pour symboliser une renaissance et démontrer qu’on peut tout choisir notre destin. 

Bien que le terme « fugue dissociative » n’existait pas à l’époque où la pièce a été écrite, l’amnésie du Gaston dans Le Voyageur sans bagages représente ce type de trouble dissociatif. Il « comprend une incapacité à se rappeler des informations personnelles importantes [1] », spécifiquement sa mémoire autobiographique. Ce trouble mental est connu d'être « …provoquée par un traumatisme ou le stress. [1] »

Dans le domaine psychologique, la faculté de se souvenir est la fondation de la conception d’identité. Nos mémoires nous donnent une continuité de nous-mêmes et relient nos expériences du passé au présent. « Ensemble, les informations qui sont réservées dans… » la base des connaissances autobiographiques « ...représentant qui nous sommes, nous étions, et peuvent être dans l'avenir. [2]» L’incapacité d’accéder les mémoires à cause de traumatisme tranche ce lien temporel et rendre les gens dissociatifs incapable de retrouver soi-même. A l'époque, ce trouble psychiatrique s'appelait l’obusite ou « choc de l'obus » de la Première Guerre Mondiale, souvent observé chez les soldats qui avaient de l’expérience dans la guerre de tranchées [4].

Pour Gaston, il ne rappelle rien avant le soir de printemps 1918 où il est découvert dans la gare de triage. Il sait qu'il était un soldat au front et ils l'ont trouvé devant un train de prisonniers venant d’Allemagne [3]. Pour tout l’histoire et comme montré dans La Bataille d’Alger, les prisonniers de guerre sont soumettre à l’abus extrême, y compris la torture, la violence sexuelle, et le meurtre. Qui sait les choses qu’il a endurées pour oublier lui-même ? 

Gaston après la guerre est un homme complètement contraire à celle de Jacques. Il a un caractère gentil et il exprime son angoisse de la possibilité d’avoir tué trois hommes dans la guerre [3]. Malgré le fait que la guerre n'est pas ouvertement montrée dans la pièce, la décision de présenter un héros amnésique et compatissant chez les spectateurs, Anouilh critique la guerre et la traumatisme chez les soldats d’une perspective pacifiste. Son traumatisme du passé manquant hante le récit lourdement et encourage les spectateurs à imaginer l’horreur qui à causé un homme à devenir quelqu'un d’autre. 

La perte de son passé serait tragique si Jacques n’était pas un monstre. Gaston ne peut pas même imaginer être Jacques, un homme violent, adultère, violeur, et sans scrupule. Il est horrifié de découvrir l’identité de son adolescence. Il demande aux Renauds de ne pas lui s'appeler Jacques et littéralement tremblé aux pensées d’avoir rendu un ami d’enfance infirme pour le reste de sa vie [3]. Il dit « …pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois [3].»

Gaston déteste la famille Renaud qui est si enthousiaste pour Jacques à retourner. Tous permettent Jacques de se comporter épouvantablement et souhaite qu’il retourne à eux. Tous essayent de justifier les actions de Jacques et fermer ses yeux à son comportement répréhensible. Mme Renaud lui a refusé le droit de se marier avec une fille qu’il aimait. Valentine tente de raviver la flamme de leur liaison et Georges pense « …même si c'était un assassin, il fait partie de la famille,—sa place est dans la famille [3].»

Contrairement, Gaston n’acceptait pas d'être Jacques et rejetait la famille à problèmes de sa vie du passé. Anouilh montre que malgré la lignée et l’éducation, on peut tout définir le sens de la famille et tous choisir ceux dont passe la vie. 

Le titre semble insinuer que Gaston est complètement « sans bagages » de son passé à cause de son amnésie, mais à la fin de la pièce, ce n’est pas clair s’il reste complètement sans la mémoire de son passé. Les fugues dissociatives sont souvent temporaires. Il insiste qu’il n’est pas Jacques durant tout le récit, mais au début, Anouilh présage à travers le personnage de Mme la Duchesse que ses mémoires retournerai. À l'apogée de la pièce, Gaston casse le miroir et la réflection de ses yeux en morceaux. A-t-il reconnu vraiment sa vie comme Jacques, avec toutes les choses méchantes qu’il a faites dans son passé, où reste-t-il seulement avec la preuve physique irréfutable qu’il est lui? Ce détail reste inconnu est c’est un choix pour l’acteur qui joue ce rôle. 

C’est un petit détail mais l’un de grande importance. Malgré de l'amnésie dissociative, quand on dit Gaston est « sans bagages », Anouilh montre qu’à la fin c'est toujours un choix de refaire soi-même et de choisir son destin. Gaston dit « Je suis sans doute le seul homme, c'est vrai, auquel le destin aura donné la possibilité d'accomplir ce rêve de chacun ... Je suis un homme et je peux être, si je veux, aussi neuf qu'un enfant! »

Son amnésie dissociative, suit par la connaissance de son passé (avec ou sans les mémoires), et finalement le choix de tout quitter représente la mort et la renaissance de Gaston. À travers sa volonté libre, pas seulement un trouble psychiatrique, il peut devenir vraiment un voyageur qui laisse ses bagages du passé derrière lui intentionnellement pour créer une meilleure vie en Angleterre. 

« Le voyageur sans bagages » écrit par Jean Anouilh montre qu’on est tous libre de recommencer la vie encore et pour redéfinir les cicatrices de son passé. L’identité n’est pas un état fixé enfin et la mémoire ne fait pas que transmettre le passé : elle permet de se projeter dans l’avenir. Avec de l’amnésie ou pas, on peut choisir son identité, sa famille, et son destin pour deviner les mieux êtres-humains. 

Citations:

[1] Manuel MSD – Amnésie dissociative. Merck Manuals,

https://www.merckmanuals.com/fr-ca/professional/troubles-psychiatriques/troubles-dissociatifs/amn%C3%A9sie-dissociative

[2] Staniloiu, Angelica, and Hans Markowitsch. “Dissociative Amnesia.” Frontiers in Behavioral Neuroscience, vol. 6, 2012,

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5744072/

[3] Anouilh, Jean. Le Voyageur sans bagages. 1937.

[4] “Obusite: La maladie des tranchées.” RetroNews, 18 Feb. 2025,

https://www.retronews.fr/sciences/echo-de-presse/2025/02/18/obusite-maladie-tranchees

Tab Berger

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